Presse "La Sorcière"



Extraits de presse :

L'HUMANITÉ « Littéralement éblouissante. Un joyau dans la vaste quincaillerie du off. »  
L'EXPRESS « On est ensorcelé! »  
LEMONDE.FR « Une virtuosité extrême. Un charme monstrueux. Elle a le diable au corps. »  
VAUCLUSE MATIN « Un spectacle envoûtant, aux frontières du réel ! »  
THEATRE(S)MAGAZINE « Jeu virtuose, incandescent comme un cri de rébellion. »  
OUVERTAUXPUBLICS.FR « Une comédienne incandescente. »  
L'IMPARTIAL « Une interprétation magnifique. »  
 REVUE-SPECTACLES.COM « Texte magnifique, lucide, combatif. »  
BCLERIDEAUROUGE.FREE.FR « Michelet en élève un conte flamboyant, dont la comédienne s'empare brillamment. »



 








En général, les petites filles rêvent d’être des princesses ; et bien souvent, lorsqu’elles font du théâtre, elles tournent coquettement autour de cet inévitable rêve. Les rôles monstrueux, on se dit que ce sera pour plus tard ; pour la maturité… Radieuse et trentenaire, Julie Timmerman a choisi de ne pas attendre, et elle a bien fait. Car en s’emparant du rôle d’une « sorcière » terrible et fameuse, l’héroïne de Michelet (1798-1874), elle se donne l’occasion de montrer au public sa virtuosité extrême de femme et d’actrice. Surtout, elle nous enseigne tout ce que la féminité, le théâtre et la sorcellerie ont à voir ensemble. Ne reculant devant aucune grimace, évitant soigneusement le registre léché et la pause jolie, la comédienne raconte avec un charme monstrueux l’histoire médiévale d’une femme qui, pour s’émanciper, prit elle aussi sans hésiter le parti du charme monstrueux.
Lasse d’être à la merci du seigneur, de l’église, de la misère et des hommes, la sorcière de Michelet a fini par accepter d’avoir le diable au corps. Mais un diable généreux et complexe, qui en impose tout en donnant à penser. Eh bien ce parcours-là, on a envie de le projeter sur l’actrice qui, tout comme son « modèle », a bien le diable au corps. Qui sait, peut-être qu’elle aussi se trouve lasse d’être à la merci des seigneurs (metteurs en scène), des dieux (rencontres providentielles, subventions et soutiens improbables) ou des hommes en général. Peut-être que c’est même pour cela qu’elle a créé ce « seule en scène », proclamant d’un même geste son ambition et son indépendance. Le résultat est absolument fidèle à ce que décrit Michelet : il relève « d’une beauté horrible », et d’autant plus frappante. Ainsi, par exemple, cet objet théâtral minutieusement conçu, l’actrice s’attache à le déconstruire régulièrement, en buvant bruyamment de l’eau en plein milieu d’une tirade avec un petit commentaire sur les inconvénients de la « clim’ », ou en prenant à parti tel spectateur au début de la pièce : « c’est vous qui m’avez fait des commentaires sur ma façon de balayer tout à l’heure ? Il n’y a pas de quoi rire de cela »… C’est toujours à la fois l’actrice, la sorcière et la femme qui font entendre leur voix et leur autorité. Une imbrication originale et diabolique, qui éclaire aussi bien les secrets de la sorcellerie que ceux du théâtre.

http://theatre.blog.lemonde.fr/2015/07/15/portrait-dune-actrice-en-sorciere-emancipee/











A la question du droit de cuissage     
Qui est cet affreux droit de passage              
Obligé par le puissant Seigneur     
Qui prive le mari de la fleur       
D’innocence de sa jeune femme      
Dont la vertu est réduite en flammes,    
On se doit de découvrir le réquisitoire     
Qui ravive en nous des lambeaux de notre Histoire.  
"Présence Pasteur", une écoute religieuse        
Pour s'imprégner de "La Sorcière" belliqueuse,     
Celle qui s'indigne, résiste et se révolte,    
Qui ne se résigne et amasse des récoltes.  
"Colossale beauté de triomphe" insolent,      
"D'une beauté horrible", celle de Satan,      
Michelet en élève un conte flamboyant     
Dont la comédienne s'empare brillamment.

Béatrice Chaland







 

REVUE-SPECTACLES.COM

Le procès de sorcellerie fait aux femmes voudrait justifier qu’aux travers des siècles et à l’époque moderne, on brûle, on enferme, on voile, on viole, on asservisse. Le pire des faux procès puisque les « sorcières » étaient en fait les détentrices des secrets de la nature, de la connaissance des plantes médicinales et les précurseurs de l’écologie.

Voilà la question que pose Jules Michelet, défenseur des humbles et des petits.
Cette question Julie Timmerman la prend à bras le corps. Elle en fait son affaire comme un lutteur prêt à en découdre. Le texte de Michelet lui sert de tremplin. Ce texte est magnifique, lucide, combatif... Il porte la révolte. C’est le cri de Jeanne, mais celle-ci n’est pas sainte. Elle défend la femme. Elle défend la terre. Elle défend le corps. Elle crie son indignation pour cette injustice qui dure et qui perdure. Le spectacle est touchant, quelle alliance faut-il faire ? Quelle force faut-il trouver pour terrasser ceux qui se vantent de la bonne parole pour désigner le bon et le méchant ?

Quand Julie défait ses cheveux. Ils dévalent sur ses épaules comme un torrent de lumière. Enfin libre, c’est la beauté qui l’emporte.

Claude Kraif

Avignon 2015


OUVERTAUXPUBLICS.FR


Elle est l’adaptatrice et la comédienne de La Sorcière, de Jules Michelet. Elle, c’est Julie Timmerman, comédienne incandescente qui donne une résonance contemporaine à ce texte.
Rencontre à la sortie du plateau, dans la cour de la Présence Pasteur, lieu dans lequel on la retrouve tous les soirs à 19h15.


Parler sorcellerie en 2015 peut paraître dépassé. Non seulement, on se rendra compte que le sujet est encore d’actualité, mais aussi que la langue de Jules Michelet résonne dans notre contemporanéité.
Julie Timmerman accueille son public avec un large sourire. Elle commence son spectacle par un fait d’actualité. Aujourd’hui, il est question du résultat du vote du référendum du peuple grec. « Ils se sont soulevés, se sont révoltés » finit-elle par dire.
Noir.
Elle commence ainsi tous les soirs son spectacle. Aujourd’hui, le peuple grec, demain ce sera autre chose. Elle puise dans le fil de l’actualité pour tisser un rapport avec l’histoire qu’elle va nous raconter. Comment est-ce possible qu’un texte écrit en 1862 retentisse aujourd’hui ?
La Sorcière est le récit de cette sage paysanne, soumise aux lois de l’église et des coutumes féodales. L’une de ces coutumes imposait à la mariée de monter au château, d’y porter le « mets de mariage », à entendre la virginité. Notre jeune femme n’échappe pas à la règle. S’ensuit le déshonneur pour son jeune époux et elle-même. Une révolte souterraine l’anime. Elle finie par pactiser avec le diable puisque Jésus est mort. La forêt sera désormais son refuge et elle deviendra cette sorcière invitant au sabbat. La situation n’en serait pas moins risible si ce n’est que, dans un anonymat le plus total, ses anciens voisins viennent assister à cette cérémonie pour demander, questionner, ce que l’église ne peut leur apporter.
Julie Timmerman se jette dans le texte avec une force interprétatrice remarquable. De Julie, elle devient cette sorcière. Les mots de Jules Michelet claquent. Elle s’en amuse, les fait galoper, les stoppe brutalement pour repartir de plus belle dans le flot de paroles. La transformation physique se fait par touches, délicatement mais véritablement. Elle fait éclater toute la richesse de cette langue et dévoile ainsi ses qualités de comédienne-conteuse qui ravissent, séduisent et emportent le public dans ce récit.
Julie Timmerman rejoint, ainsi, le cercle des comédiennes-metteuses en scène qui osent, proposent, quittent à se mettre en danger dans l’univers du spectacle vivant quelque peu endormi.

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